Plus de verdure, moins d'asphalte
Aujourd’hui, cette planification fait l’objet de critiques croissantes. Les villes deviennent des lieux de vie désagréables en raison des fortes chaleurs. Dans le même temps, les infrastructures urbaines et les systèmes de drainage sont dépassés par les fortes précipitations : de nombreux systèmes sont sous-dimensionnés, ce qui entraîne des inondations dans les zones basses, des caves inondées et des logements détruits. La circulation automobile n’est plus considérée comme un objectif sans restriction : au contraire, les piétons, les cyclistes et les personnes en quête de détente gagnent du terrain.
Les espaces de circulation au centre de l’attentionVerkehrsräume im Fokus
Un changement de mentalité s’est déjà amorcé. Les grandes places et les espaces de circulation urbains, tels que les grands carrefours ou les ronds-points, font notamment l’objet d’une attention croissante dans le cadre de la transformation urbaine. Il existe ici une marge de manœuvre considérable en matière d’aménagement : plus d’espace pour les personnes, moins pour les voitures. Plus de verdure, moins de chaleur. Mais quelles sont les possibilités de transformer la structure urbaine à ces points souvent névralgiques ? Deux exemples internationaux montrent la voie vers une nouvelle réalité urbaine.
Exemple 1 : Copenhague – un rond-point avec une forêt
En 2010, des intempéries dévastatrices, un véritable déluge, ont submergé le quartier Østerbro de Copenhague. Cette catastrophe, qui a causé des millions de dégâts, a entraîné une refonte de l’urbanisme et donné lieu à de nombreux projets de gestion de l’eau dans la ville.Eine verheerende Unwetterlage, ein wahrer Wolkenbruch, ließ den Kopenhagener Stadtteil Østerbro im Jahr 2010 in Wassermassen versinken. Dieses Unglück mit Millionenschäden sorgte für ein Umdenken in der Stadtplanung und löste eine Vielzahl an Wassermanagementprojekten in der Stadt aus.
Cette transformation est particulièrement impressionnante au grand carrefour de Sankt Kjelds Plads. Là où auparavant l’asphalte, les nombreuses voies de circulation et les parkings caractérisaient l’image de la ville, de nombreux espaces verts permettent aujourd’hui à l’eau de s’infiltrer. Ainsi, une superficie d’environ 9 000 m², soit les deux tiers de la surface anciennement asphaltée, a été transformée en espace vert urbain. Le plan en rond-point a été conservé, mais la surface carrossable a été fortement réduite. Dans le même temps, un espace vert très agréable a été créé : bancs, coins « cachés », fourrés et bosquets – en partie comme une petite forêt urbaine. La gestion de l’eau a également été entièrement repensée : un système de première déversement achemine les eaux de ruissellement initialement très polluées vers les égouts afin que les débris et les salissures soient évacués de manière contrôlée. Un système de deuxième déversement comprenant des bassins de rétention végétalisés, des tuyaux souterrains et des canaux permet de retarder l’infiltration ou de retenir les eaux de pluie en grande quantité.
La gestion de l’eau a également été entièrement repensée : un système de première déversement achemine les eaux de ruissellement initialement très polluées vers les égouts afin que les débris et les salissures soient évacués de manière contrôlée. Un système de deuxième déversement comprenant des bassins de rétention végétalisés, des tuyaux souterrains et des canaux permet de retarder l’infiltration ou de retenir les eaux de pluie en grande quantité.
Pour les villes comportant de grandes surfaces asphaltées, qu’il s’agisse de places, de ronds-points ou de carrefours dominés par les voitures, cet exemple montre qu’il vaut la peine de repenser l’aménagement de l’espace. Il n’est pas nécessaire de faire disparaître les artères routières, mais on peut les rendre plus étroites, créer des espaces de substitution pour la verdure et l’eau et ainsi combiner l’adaptation au climat avec l’urbanisme. Associées à un concept d’éclairage écologique et économique, ces mesures renforcent non seulement la résilience climatique des espaces urbains, mais aussi la communauté locale en créant des espaces de vie holistiques et précieux.
Exemple 2 : Place de Catalogne, Paris – Une tangente au lieu d’un rond-point
Paris fait également parler d’elle depuis des années en matière de réaménagement urbain. De nombreux espaces verts, des pistes cyclables généreuses et un développement à grande échelle des transports publics transforment visiblement la ville. La place de Catalogne, dans le 14e arrondissement, à proximité de la gare Montparnasse, a fait l’objet d’une rénovation particulière et a été entièrement réaménagée. L’ancien rond-point géant, avec une fontaine hors d’usage en son centre, présentait les mêmes problèmes que de nombreux carrefours de la ville. Peu agréable à vivre, peu ombragé, des températures estivales élevées et un trafic routier intense.
La transformation prévoyait de limiter la circulation à une partie seulement de la place et de supprimer le rond-point. Au centre de la place, 470 arbres ont été plantés, parmi lesquels des arbres de grande et moyenne taille ainsi que des jeunes arbres âgés de deux à quatre ans. Ainsi, une surface autrefois presque entièrement imperméabilisée a été transformée en une « zone forestière » urbaine de plus de 4 000 m². On s’attend à une baisse de la température pouvant atteindre 4 °C dans la zone de la nouvelle végétation. La place était autrefois dominée par les véhicules. Aujourd’hui, un large boulevard dans la partie sud de la place invite à s’attarder sur les terrasses des cafés et bistros adjacents.
Le potentiel de la route
Ces projets montrent clairement à quel point la désimperméabilisation ciblée des espaces urbains peut être efficace. Une place centrale, autrefois fortement dominée par la circulation automobile, a été transformée en une oasis urbaine verdoyante. Cette transformation montre le potentiel que recèlent ces espaces : le désimperméabilisation de grandes surfaces asphaltées permet de créer de l’ombre, un refroidissement par évaporation et une nouvelle qualité de vie, autant de facteurs importants pour réduire les îlots de chaleur urbains.
Dans le même temps, il apparaît clairement qu’une transformation réussie signifie bien plus que « du vert à la place des voitures ». L’interaction de différents éléments est déterminante : la réduction des zones de circulation motorisée au profit des voies piétonnes et cyclables, de nouvelles structures vertes et aquatiques servant d’infrastructures actives pour le refroidissement et la rétention des eaux pluviales, ainsi qu’un aménagement permettant une utilisation sociale, par exemple grâce à un bon réseau de chemins, des sièges ou des offres de restauration.
Les exemples cités montrent également que de telles transformations sont déjà réalisées aujourd’hui, en particulier dans les endroits soumis à des températures élevées ou à des précipitations importantes. Pour garantir leur succès à long terme, il est indispensable d’impliquer les utilisateurs dès le début et d’entretenir en permanence la nouvelle végétation et les espaces de détente. Dans l’ensemble, ces exemples montrent comment l’adaptation au changement climatique, l’urbanisme et la transition vers la mobilité durable peuvent fusionner en une approche holistique qui rend les espaces urbains plus agréables à vivre.